Réussir, OK !  Mais réussir quoi et comment ?

 

Etre soi-même ou devenir quelqu’un, … un choix cornélien pour la jeunesse ! 

 

Où trouver les profils pour faire face ? Un clivage se creuse entre la formation professionnelle dispensée par plus de 70 000 organismes privés en France et les filières de l’éducation nationale. Pressurisé par la compétition mondiale, l’actionnaire réclame de l’école des collaborateurs directement productifs. Les souris dans le fromage ont mangé la croûte, emplois fictifs et salaires de complaisance disparaissent. Les consultants chassent les fantômes de l’usine et dispensent des séminaires orientés vers les résultats. Des experts métiers et des capsules numériques forgent d’éminents professionnels à la manière des coaches sportifs. Leurs certifications sont aussi appréciées que les diplômes. Gagner mieux en vendant moins cher, le nouveau défi des entreprises qui ont des concurrents dans le monde entier. Il faut des collaborateurs virtuoses, capables d’échanger dans plusieurs langues et de travailler ensemble.

 

Si le savoir jette une lumière crue sur les mystères de la vie, la formation professionnelle concentre le potentiel humain sur des besoins immédiats et éphémères. Le monde du travail a été ébranlé par l’émergence des nouveaux outils et réclame une intelligence révolutionnaire. Du jamais vu depuis l’avènement du langage, le numérique et les neurosciences déplacent les lignes.

 

Les recruteurs découvrent au bas des CV  des mentions inédites : MOOC, webinars, e.learning, blended, coaching, capsules, alternance, stages à l’étranger… Autodidactes ou étudiants clandestins ? On voit des noms de gourous entrelarder celui des écoles prestigieuses. Tout le monde a entendu parler des démêlés de la scientologie avec le fisc, mais qui a essayé la dianétique de Ron Hubbard ?  Tony Robbins fait marcher deux mille personnes sur le feu, il est aussi coach de Bill Clinton. Pour faire face à une concurrence impitoyable, les sociétés cherchent des profils assertifs, initiés à l’intelligence émotionnelle, des globe-trotters polyglottes formés aux arcanes du numérique. Pas étonnant qu’ils peinent à trouver ces merles blancs dans les circuits traditionnels. Il est temps de quitter les sentiers battus et de revoir nos paradigmes sociétaux. « Break the rules ! ».

 

L’université n’a pas vocation à pourvoir en compétences les lacunes du marché de l’emploi. Son rôle est d’affiner les connaissances grâce aux recherches de docteurs émérites et d’étudiants prometteurs. On lui doit entre autres les fulgurants progrès de la médecine. Les arts et métiers s’enseignent ailleurs. Elle dispense cependant d’intéressants programmes  de sciences humaines, communication et gestion d’entreprise qui remplissent leurs amphithéâtres.

 

Créées au lendemain de la guerre pour ouvrir les portes de l’érudition, les grandes écoles ont tenté de remplacer les dynasties aristocrates à la tête des institutions par des citoyens « lambda ». Mais en plaçant des caisses enregistreuses à l’entrée de ces incubateurs de talents, elles ont blackboulé le « va nus pieds ». Avec un ticket d’entrée à plusieurs milliers d’euros, un goulot d’étranglement limite l’accès. Ces établissements fonctionnent à la fois comme des chaudrons d’intelligence et des carnets d’adresses. Voir son patronyme sur les pages de  l’annuaire d’une grande école trace le sillon d’une posture sociale. Une véritable connivence s’instaure entre coreligionnaires des grandes maisons, bizutés aux mêmes rites d’initiation.

 

Le nombre des exclus du BAC diminue chaque année. On ne peut plus prétendre que l’ignorance soit un marqueur social.  Mais il faut aussi de belles manières pour se vendre. Le bel esprit se révèle dans les codes du muscadin. Les élégants s’amusent d’allusions aux sédiments de l’histoire et utilisent des conjugaisons complexes. Une bonne raison de ripoliner sa culture. Merci Wikipédia ! Quand Nicolas Sarkozy affirme qu’il est ridicule d’enseigner Anne de Clèves aux gamins du collège, rassurez-vous, ses fils savent qu’elle fut Reine Consort d’Angleterre et quatrième épouse d’Henry VIII. La culture permet de partager les faveurs régaliennes. Si l’habit ne fait pas le moine, c’est lui qui donne accès au monastère. Un langage châtié élargit l’embrasure sociale. Sauvez les apparences  et fréquentez les gens qui vous dépassent !

 

L’énigme qui cache le sens de la vie interpelle les consciences. Faut-il correspondre à l’image que les autres ont de nous ? Modes, famille, tendances, médias, écoles, football, difficile de rester debout face à la vague ! Les systèmes se régulent de l’intérieur et tendent à l’homogénéisation. La pensée unique ! Le panier des crabes offre un avantage au pêcheur, il ne doit pas être recouvert. Sitôt que l’un d’eux prend la poudre d’escampette, les autres le rattrapent par la pince et le ramènent à sa condition originelle. Les anciens portent sur le dos une lanterne qui montre le chemin aux perdreaux de l’année. Force est de constater que les jeunes préfèrent les recommandations du net. L’étonnante souplesse synaptique des ados nourris aux GAFA les exonère des modèles archétypaux. Les blancs becs ont coiffé le donneur de leçon traditionnel au poteau avec des accès électroniques à une information exhaustive et immédiate. Les mauvaises langues prétendent que ces facilités nuisent à la mémorisation, tout démontre le contraire.

 

La génération « Z » rechigne à afficher ses inclinations professionnelles, mais trouve-t-elle chaussure à son pied ? Le choix a été réduit à sa portion congrue. Caissier de l’agence ou accueil téléphonique avec un bac +5, merci du peu ! Naître au vingt et unième n’est pas qu’exaltant, il n’y a plus de monde à découvrir et la plupart des métiers sont modélisés. La routine taylorienne et les rémunérations dictées par la concurrence étrangère assassinent l’enthousiasme. L’universitaire des temps modernes tombe des nues en passant de la fac au premier emploi. Question travail, les avancées technologiques n’arrangent rien : les robots remplacent l’ouvrier et le numérique saborde le tertiaire. On comprend pourquoi la courbe du chômage accompagne inéluctablement la pente, au gré du tsunami.

 

La maîtrise des arcanes d’une branche du savoir demeure une finalité nourricière pour la majorité. L’identité professionnelle détermine la personnalité sociale. Le problème, c’est de rester dans la course. La complexité évolue si vite dans l’industrie de la troisième génération qu’il est devenu impossible de maîtriser tous les rouages d’une production. Le maître d’œuvre lui-même avoue sa méconnaissance de certaines fonctions. Les patrons fonctionnent en responsables aveugles. La révolution trans-humaniste décrite par Luc Ferry attribue les évolutions à l’intelligence collaborative de spécialistes isolés dans une galaxie de qualifications sophistiquées. Le travailleur moderne pose sa pierre à l’édifice sans connaître la finalité de son intervention. Le philosophe optimiste parle pourtant d’une augmentation de l’être humain en évoquant un avenir proche où la programmation génétique des individus sera corrigée avant le berceau et l’espérance de vie portée à 200 ans.

 

Gaston Bachelard a dit un jour : « Si l’on ne valorise pas les gens, ils ne deviendront jamais ce qu’ils étaient capables de devenir ». Aboutissement d’une vocation ou incarnation d’un rôle de composition, l’identité professionnelle supplante volontiers la nature intrinsèque de l’individu. La posture sociale d’un métier induit ses attitudes. Par obligation d’état, sur initiative d’illusion, voire sous le feu d’une passion dévorante ou …  pour manger, les personnes entrent dans une spécialisation de l’ego comme on entre en religion. Ensuite, ils voient le monde par le petit bout d’une lorgnette « professionnelle ». On possède un métier, ensuite le métier nous aliène. C’est lui qui donne le sens de la vie. Le travailleur n’existait qu’à travers son répertoire de compétences

 

Depuis le miracle de la multiplication des pains, la mise en commun des savoirs est sans doute le plus beau miracle de tous les évangiles. Le WEB ouvre une voie royale aux courageux. Avec la niaque et un couteau entre les dents, un jeune opportuniste peut tracer lui-même sa route, avec ou sans diplôme. Sensibles aux injustices, des enseignants ont mis leurs cours sur le NET pour permettre à tous d’en profiter. Merci professeurs ! Ceux qui ont raté la première marche en bénéficieront aussi ! Clin d’œil complice d’un avenir réjouissant.  Les technologies  de la communication traînent derrière elles les savoirs libératoires. Cicatrices de l’histoire, les frontières ne retiendront pas le WEB. L’ère du « Big Data » jette sa toile sur la planète et supplante les états. L’ubérisation impose des marchés anarchiques entre des milliards de gens qui ont compris leur intérêt à échanger plutôt qu’à acheter. Ce sont au final les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon)  qui raflent la mise avec des ventes, des achats et de la formation en ligne. L’environnement concurrentiel ressemble à un ballet de singes sur un tapis de bananes. Toutes les compétences sont à portée de votre souris en quelques clicks. What else ! L’avenir tend ses belles opportunités. « Je préfère l’avenir, parce que c’est là que je compte m’installer plus tard » (Woody Allen). N’attendez pas votre chance, allez la chercher !

 

Armand Mabille

Coach-Formateur IXOS

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